L' Icône de l'église de St. Maurice de Laques

copyright photos © Atelier Saint-Dismas à Martigny

Article paru dans Clins-Dieu sur les Contrées, 2008/n.6
Bulletin édité par le Secteur Pastoral «Noble et Louable Contrées»
Signature : Marie-Thérèse Berclaz

Une trouvaille extraordinaire.

En effet, l'histoire est cocasse et extraordinaire!
Notre sacristine, Judith Berclaz, en nettoyant le grenier de la cure, a découvert une planche sous la toiture, de prime abord anodine, mais en regardant de plus près elle distingue une peinture. Cette peinture représente une scène religieuse avec un Christ de pitié, les bras en W, ce qui n'est pas courant, les poignets sont tenus par la Vierge et saint Jean et aux deux extrémités se trouvent des anges.
Elle demande alors l'avis d'un amateur d'art de la région. Celui-ci repère aussitôt la qualité de l'oeuvre et fait appel au professeur Gaëtan Cassina pour confirmation. Devant l'enthousiasme du chargé de cours d'histoire de l'art à l'université de Lausanne et l'accord du conseil de gestion, par son président Armand Berclaz, rendez-vous est pris pour démonter le toit et libérer la pièce.
Voici sommairement, le rapport sorti de l'atelier Saint-Dismas à Martigny.
Le style gothique et la qualité remarquable de l'application de la peinture, très personnelle, révèlent la main du plus important peintre travaillant dans le domaine religieux et monumental du Valais vers 1520: Hans Rinischer. L'absence de restauration ancienne ainsi que le thème iconographique nouveau pour le corpus connu de ce peintre, font de cette oeuvre une pièce majeure pour l'histoire de l'art enSuisse. La technique picturale à la détrempe est aussi un des caractères rarissimes pour ce genre de production de grand format.
Le petit retable peint, retrouvé à Vercorin vers 1986, est la seule oeuvre techniquement comparable et proche des productions conservées sur bois de ce peintre. Les autres peintures conservées de ce peintre sont soit des peintures murales plus ou moins fortement érodées ou restaurées, soit des peintures à l'huile sur bois. L'avantage de la peinture à la détrempe est de conserver la vivacité des couleurs et la force du trait de pinceau, «la main du peintre». Car, ce type de peinture proche de la gouache s'applique par touches nettes sans fondu, ni reprise.
Grand merci pour la découverte de ce trésor à notre sacristine Judith.

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1 cf. Vercorin la mémoire des âges, art et histoire, ALAIN BESSE ET GAETAN CASSINA, collection Cahiers de Vallesia n°8,2002.